Au-delà de la rue : Le Maroc face au défi de la cruauté envers les animaux et la gestion des chiens errants
Le Maroc veut se positionner comme pays moderne et accueillant pour 2030. La question animale est devenue un marqueur de réputation internationale.
Au Maroc, la question de la gestion des chiens errants et la lutte contre leur abattage font l'objet d'une mobilisation intense de la part de la société civile, des ONG nationales et internationales, ainsi que de débats avec les autorités.
La situation s'articule autour d'un double combat : d'un côté, les dénonciations et pressions contre les éliminations massives ; de l'autre, la promotion d'alternatives éthiques institutionnalisées.
De nombreuses associations locales et internationales (telles que la Fondation Brigitte Bardot, des réseaux associatifs marocains comme l'ADAN ou le RAPAD, et divers collectifs de protection animale) mènent régulièrement des actions pour contrer l'abattage (par armes à feu ou empoisonnement).
- Pétitions et campagnes médiatiques : Des campagnes d'envergure interpellent régulièrement le grand public, le gouvernement marocain et des instances internationales (comme la FIFA en lien avec les échéances sportives mondiales) pour exiger l'arrêt total des tueries.
- Manifestations et sit-in : Des rassemblements citoyens sont organisés (notamment à Rabat devant le Parlement) pour réclamer l'application stricte des méthodes non violentes et dénoncer les abus de terrain.
- Actions de terrain et refuges : En parallèle, des bénévoles et des structures associatives locales secourent, soignent et stérilisent les animaux de manière indépendante malgré le manque de moyens.
Face à la pression associative et aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Maroc a officiellement adopté dès 2019 une convention interministérielle (impliquant l'Intérieur, la Santé et l'ONSSA) pour abandonner progressivement l'abattage au profit de la stratégie TNVR (Trap-Neuter-Vaccinate-Return / Capturer, Stériliser, Vacciner, Relâcher), appelée localement CSRM.
- Création de centres dédiés : Des dispensaires et centres de contrôle animalier ont vu le jour (comme celui de référence d'El Arjat près de Rabat, ou des projets en cours à Casablanca, Marrakech, Agadir et Tanger) pour traiter, vacciner contre la rage, identifier (via des repères auriculaires) et relâcher les chiens dans leur milieu d'origine.
- Cadre législatif : Des chantiers de projets de loi initiés par le ministère de l'Intérieur visent à renforcer ce cadre juridique pour concilier la sécurité publique, la santé collective (lutte contre la rage) et le respect du bien-être animal.
Malgré l'existence de cette stratégie légale de stérilisation, les associations continuent de monter au créneau car des campagnes d'abattage clandestines ou tolérées persistent dans plusieurs régions du pays.
Les militants réclament une application plus homogène, rigoureuse et transparente de la méthode TNVR à l'échelle nationale, estimant que l'abattage traditionnel est non seulement cruel, mais scientifiquement inefficace pour enrayer durablement la prolifération des canidés et les risques sanitaires.
L'implication de l'opinion internationale joue un rôle déterminant dans la gestion de la crise des chiens errants au Maroc. Elle se trouve au cœur d'un bras de fer médiatique, éthique et diplomatique :
- La pression des ONG et des activistes : De grandes fondations de protection animale (comme la Fondation 30 Millions d'Amis) ainsi que de multiples collectifs internationaux relayent régulièrement des alertes concernant des abattages massifs, des empoisonnements ou des tirs ciblés dans les rues marocaines. Ces organisations scrutent le pays, en particulier à l'approche de grands rendez-vous planétaires (comme la Coupe d'Afrique des Nations ou la co-organisation de la Coupe du Monde 2030).
- L'interpellation des instances sportives : L'opinion internationale et les associations exercent une pression directe sur la FIFA, lui reprochant parfois son silence face à ce qu'elles qualifient de « catastrophe éthique ». Les activistes demandent que les critères d'attribution et de suivi des grands événements intègrent des exigences strictes en matière de respect du bien-être animal et de transparence des gouvernements hôtes.
- La riposte institutionnelle marocaine : Face à ces critiques virulentes relayées sur les réseaux sociaux et dans la presse étrangère, les autorités marocaines montent régulièrement au créneau. Le ministère de l'Intérieur a ainsi publiquement dénoncé des campagnes qu'il qualifie de « systématiques et trompeuses », orchestrées pour ternir l'image du Royaume. Rabat met en avant les investissements colossaux consentis (plusieurs millions d'euros) pour bâtir des centres de soins modernes et appliquer la méthode scientifique TNVR (Capture, Stérilisation, Vaccination, Remise en liberté), affirmant sa volonté de tourner la page des anciennes méthodes d'abattage.
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